POUR UN URBANISME CYCLABLE

L’objectif de cette recherche est d’apporter des réponses concrètes à une seule question, simple mais essentielle : comment aménager les rues dans une ville cyclable ? Dans ces articles, les solutions s’inspirent des villes les plus cyclables, notamment aux Pays-Bas et au Danemark. Profiter de l’expérience de ces villes constitue le chemin le plus sûr pour réussir.

Pour démultiplier durablement les déplacements à vélos, il faut accélérer la mise en place d’un réseau sécurisé de pistes cyclables connectées entre elles. Les Voies Lyonnaises ont pour objectif d'anticiper l'augmentation d'utilisation du vélo comme mode de transport dans la métropole de Lyon. Le réseau est voué à un haut niveau d'utilisation du vélo. Il n'est pas créé pour la part modale actuelle du vélo mais il anticipe son augmentation. Pour se faire, il ne doit pas être sous-dimensionné, mais pensé généreusement, pour créer un réseau global, cohérent, continu et sûr.

Carte des Voies Lyonnaises (Métropole de Lyon)

Ainsi, il est préférable d'opter pour des pistes cyclables unidirectionnelles et/ou bidirectionnelles suivant les caractéristiques des sections urbaines concernées :

Section avec de nombreuses intersections et carrefours (centre-ville, tissu urbain dense, grands boulevards ou avenues)

la piste unidirectionnelle est à privilégier

Elle constitue un troisième domaine de voirie, distinct de la chaussée et du trottoir. Elle est toujours située à droite de la chaussée ou du stationnement automobile et permet une bonne gestion des intersections.

Section avec peu d'intersections (le long d'un fleuve, d'une voie ferrée ou en campagne)

la piste bidirectionnelle est à favoriser.

Elle est complètement séparée et protégée de la chaussée.

Exemple de piste bidirectionnelle

Pour assurer davantage de sécurité aux cyclistes il est nécessaire d'implanter une bande fonctionnelle d'au moins 2,30m de large, d'autant plus lorsqu'une ligne de bus est présente sur la section.

La piste cyclable est située entre le trottoir et la bande fonctionnelle qui assure la séparation chaussée-piste et accueille, selon le contexte : du stationnement vélo/auto, des refuges piétons, des quais bus, des espaces de stockage pour les traversées des vélos, du mobilier urbain (feux et panneaux de signalisation, éclairage public…), des arbres et de la végétalisation, des espaces de livraison...

Coupe de principe - bande fonctionnelle (Source Paris en selle)
Plan de principe - bande fonctionnelle (Source Paris en selle)

UNE BRÈVE HISTOIRE DE LA CONCEPTION DES VOIRIES

L'urbanisme, dominé par l'idéologie moderniste depuis les années 60, accorde encore trop souvent la priorité à la circulation automobile. Il néglige par le fait même la fonction de l'espace urbain comme lieu de rencontre et, a fortiori, espace de conversation démocratique.

A son apparition, la voiture n'était pas appréciée du fait des nombreux accidents qu'elle causait. C'est grâce à une communication demandant aux habitants de quitter les voies pour les laisser aux voitures, que peu à peu, l'automobile a pris possession de l'espace public. Les voiries ont ensuite été conçues de manière à faciliter le trajet de la voiture et les divers aménagements de la ville sont centrés autour de l'automobile. Seulement deux décennies ont suffit à enlever à la rue son statut d'espace démocratique.

Source Copenhagenize

Les citoyens des pays centrés autour de l'automobile ne voient plus les dangers de l'automobile. Ou peut être en ont-ils eu conscience, mais cette information est bien loin dans leurs esprits ; la voiture est tellement ancrée et enracinée dans la culture et la société actuelle. Symbole de réussite et de modernité, les habitants ont du mal à s'en passer, ils en sont dépendants.

Tout comme arrêter de fumer est un long combat, réduire la dépendance à la voiture et diminuer les espaces qui leur sont attribués dans nos villes est une lutte sur le long terme.

Ces temps longs permettent d'accompagner les habitants dans une transition de mobilités, en leur proposant des alternatives qualitatives.


FAVORISER LES DÉPLACEMENTS À PIED ET À VÉLO

Nombreux sont les défis démographiques et écologiques du XXIe siècle : pollution, nuisances sonores et accidentogènes, manque de cohésion sociale, impact sanitaire, enjeux économiques. Pour y faire face, nous proposons de renverser cette perspective et de remettre l'humain au centre de la préoccupations de l'urbanisme.

Source Copenhagenize

Il s'agit de présenter des pistes d'actions concrètes pour développer des villes animées, sûres, durables, et saines. Nous misons sur les déplacements à pied et en vélo pour renforcer la vie urbaine. Des espaces urbains de qualité contribuent à l'avènement d'une société durable, ouverte et démocratique.

Source Copenhagenize

L'objectif, c'est de passer d'une vision d'ingénieurs trafics centrée sur la voiture à une vision de la voirie partagée pour tous les modes de déplacement.

Faciliter les déplacements actifs, qui présentent l’avantage de demander beaucoup moins d’espace que la voiture, suppose de faire l’inverse de ce qui a été fait partout depuis les années 1950 : rendre plus compliquée la circulation des automobiles et plus simple celle des piétons et des cyclistes.

Source Copenhagenize

Pour garantir le succès du vélo dans votre ville, l'objectif est de créer un environnement urbain favorable qui fait du vélo un choix aussi simple et intuitif que s'asseoir sur une chaise.

Cela est rendu possible si les infrastructures répondent aux trois principes fondamentaux du design danois :

  1. pratique,
  2. fonctionnel
  3. élégant

LE VÉLO : L'OUTIL LE PLUS IMPORTANT POUR AMÉLIORER NOS VILLES

Le boom mondial de la bicyclette est en cours depuis 2007 et ne montre aucun signe d'essoufflement. La bicyclette revient comme moyen de transport dans nos villes après une absence, dans de nombreux endroits, de plusieurs décennies.

Nous sommes entrés dans une ère de redécouverte urbaine passionnante, mais il reste un manque de compréhension, que ce soit au niveau macro ou micro, du rôle de l'urbanisme cyclable dans nos villes, à la fois comme moyen de transport et comme facteur de cohésion sociale. Il est grand temps de régler ce problème en présentant le comment et le pourquoi de l'adoption d'un avenir urbain qui inclut le vélo comme outil clé pour le transport, la conception, la planification et le développement social.

Nous croyons fermement que le vélo est l'outil le plus important de notre boîte à outils urbaine pour améliorer nos villes.

Nous devons faire en sorte que le plus grand nombre possible de personnes soient au courant de la manière de l'utiliser efficacement. Le vélo est un véritable couteau suisse avec la capacité d’aider à régler de nombreux problèmes : économie, santé, efficacité, enjeux sociaux, partage de l’espace public, diminuer le risque d’accidents,… Il est acteur du développement social : (re)démocratisation de l’espace public, moyen de déplacement abordable, machine de liberté, échange et partage avec les autres usagers.

Faire du vélo est bon pour notre planète et nos villes

Le vélo et la marche sont les moyens de déplacement qui ont le moins d'impact sur l'environnement. Passer de la voiture à la bicyclette permet de réduire les émissions de carbone et d'améliorer la qualité de l'air. Le vélo est bon pour la planète et pour la qualité de vie dans les villes.

Faire du vélo est bénéfique pour l'économie

Le vélo est un mode de transport peu coûteux, tant pour les individus que pour la société dans son ensemble. Le vélo nécessite un investissement individuel moins important que la voiture. Chaque trajet est gratuit et l'entretien est minimal. Chaque kilomètre parcouru à vélo apporte un bénéfice à la société, tandis que chaque kilomètre effectué en voiture et en transport public génère un coût pour la société.

Faire du vélo encourage la cohésion sociale

Le vélo est un mode de transport démocratique. Il offre une plus grande mobilité à pratiquement tout le monde, indépendamment de l'origine, de l'âge, du revenu ou des capacités physiques. La bicyclette augmente la participation sociale et constitue une solution peu coûteuse pour lutter contre la pauvreté liée au transport.

Faire du vélo augmente la part de bonheur

Les personnes qui se rendent au travail à vélo associent le vélo au bonheur. Le vélo encourage les interactions sociales entre les différents usagers de la route. Il améliore la santé mentale, le bien-être et contribue à réduire le stress.

Faire du vélo mène à une vie plus saine

Le vélo, c'est bon pour la santé ! Faire du vélo est une forme d'exercice saine, amusante et sans impact pour tous les âges. Les employés qui se rendent au travail à vélo sont moins susceptibles de tomber malade. Le vélo vous permet de rester en forme plus longtemps et de renforcer votre système immunitaire. En conclusion, le vélo contribue à une vie saine.

Faire du vélo rend les villes agréables

Les villes luttent pour l'espace. Le nombre d'habitants ne cessant d'augmenter, la concurrence pour une quantité limitée d'espace public se fait de plus en plus vive. Étant donné que le vélo prend moins de place qu'une voiture, le remplacement des voitures par des vélos libère de l'espace dans la ville pour créer plus de place pour les espaces verts et pour que les gens se rencontrent.

Faire du vélo mène à des villes plus sûres

La planification de la promotion du vélo et de la marche crée des villes plus sûres pour les cyclistes et les piétons, mais plus largement pour tous les usagers de la route. Statistiquement, les cyclistes sont moins susceptibles de provoquer des collisions mortelles.